Ok…c’était pas la famille Lequesnoy non plus … mais de là à faire « mon coming out de soumise » à l’anniversaire de ma mère, au bout de 23 jours d’apprentissage, y’avait une marge quand-même!?
Et ce salop d’Ugo qui continuait de haleter en me narguant…
Je le lâchai du regard et tentai d’avoir une vision globale pour évaluer le périmètre :
Georges-Henri était au buffet en train de resservir des verres de blanc à tout le monde. Helena s’occupait de ses enfants. Et papy Bernard était en train de faire un numéro de charme à ma mere en lui parlant de ses érections matinales, alors qu’elle lui montrait une video complotiste sur l’ancienne vie de Brigitte Macron « du temps qu’elle s’appelait » Jean Michel Trogneux.
Leur hypocrisie me sauta au visage . La mienne aussi .
Pourquoi devrais je avoir honte ? Qu’est ce que j’avais fait de mal? Et à qui? (à part à mes tétons et mon clitoris, finalement je n’avais fait de mal à personne ?)
Ou était le problème?
Chez moi ? Qui m’étais absentée d’une fête quelques minutes pour me « brosser les tétons et me frapper le clitoris avec une petite cuillère » …ou chez Vladimir ? Qui laissait son épouse seule gérer l’ennui de leurs enfants (dans cette fête d’adultes où personne ne leur parlait !)
Chez moi qui avais accepté de me soumettre aux ordres (certes saugrenus mais terriblement excitants) d’un homme que j’avais choisi comme Maitre?
Ou chez Ugo qui prenait un malin plaisir à me mettre mal à l’aise devant tout le monde alors que tout dans mon attitude lui hurlait d’arrêter?
Chez moi, qui avait accepté que j’étais attirée sexuellement par un JEU de Domination /soumission sado/masochiste consenti et clair avec un homme dont j’étais amoureuse (et qui était amoureux de moi) ou chez ma mère qui avait passé sa vie à pleurer sur des hommes qui la trompaient et/ou la fuyaient?
Chez moi qui essayais d’admettre le fonctionnement de ma libido sans plus la juger, (parceque cela me procurait des sensations hyper agréables dans le bas ventre)? Ou chez tous ceux qui continuaient de se nier et préfèraient soumettre leur désir intime aux règles d’une société qui l’accable et le contraint .
Alors je leur ai dit :
« Oui . J’ai rencontré un homme qui me chamboule physiquement et émotionnellement, avec qui je suis dans une relation Maitre /soumise basée sur le respect de règles communes extrêmement claires et précises . Je découvre grâce à Lui un plaisir sexuel physique et psychologique intense dont je n’imaginais pas mon corps (ni mon esprit) capable. »
Et puis j’ai ajouté :
« Et en effet une des règles de cette dynamique exige, si je m’en estime capable, d’obéir à des consignes qui peuvent tomber pendant des réunions familiales. Je me suis donc absentée quelques minutes…J’espère que je ne vous ai pas trop manquée ? »
Comme le silence s’était fait autour de moi et qu’ils ne me répondaient pas, j’ai enchainé:
« J’aurais adoré vous raconter l’ univers de liberté et de jouissance infinie, que je découvre actuellement… tout comme l’extrême écoute et le respect que ces pratiques nécessitent mais je ne voudrais pas risquer de choquer des oreilles chastes ou immatures en confiant « Tout » à « tout le monde » …(Tout le monde n’est pas en mesure d’entendre ce que je pourrais raconter!) Vous comprenez? «
Très satisfaite de mon petit effet, je terminais :
» En tous cas, quelque soit votre capacité à vous ouvrir au monde du Kink, soyez rassuré.e.s, je ne me suis jamais sentie aussi « libre » que depuis que je suis « soumise », et je n’ai jamais ressenti autant de plaisir que depuis que je me sais masochiste ! Je suis libre et heureuse. Maintenant excusez-moi, j’ai « vraiment » besoin d’aller « vraiment » aux toilettes! «
